Quitter un endroit où l’on a construit une partie de sa vie n’est jamais anodin. Pour François Demoulin, Lierneux représentait bien plus qu’un simple lieu de résidence : c’était son terrain de jeu, son refuge et le décor de nombreuses aventures en trail.
Avant de poser ses valises à Liège, François a choisi de vivre une dernière grande boucle au cœur des Ardennes, accompagné de sa fidèle chienne Oria. Une sortie qui dépasse largement le cadre sportif : un moment de gratitude, de transmission et de connexion avec une région qui l’a profondément marqué.
François Demoulin, une dernière boucle avant de tourner la page
Pendant plusieurs années, les sentiers autour de Lierneux ont rythmé le quotidien de François Demoulin.
Ce passionné de trail y a trouvé un équilibre entre longues sorties, découverte des paysages ardennais et aventures partagées avec Oria.
Lorsque le déménagement vers Liège devient concret, une idée s’impose : réaliser une dernière grande boucle depuis son domicile.
Cette sortie devient alors une manière symbolique de fermer une parenthèse avant d’en ouvrir une nouvelle.
« Je pensais rester un peu plus longtemps à Lierneux. C’est un village charmant, pratique et qui m’a permis une transition de vie réussie. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, on s’adapte. »
Cette dernière aventure en Ardenne n’était donc pas une recherche de performance. François voulait simplement profiter une dernière fois de ces chemins qui ont accompagné une partie importante de sa vie.
Retrouver le plaisir du trail en écoutant son corps
Pour François, cette aventure arrive également après une période particulière.
Une blessure difficile à comprendre avait fortement affecté sa confiance dans ses capacités physiques.
Il n’était donc pas question, cette fois, de chercher un chrono ou une performance.
L’objectif était simple : rentrer avec le sourire, profiter du moment et ne rien subir.
« Le but était simplement de rentrer avec le sourire et de ne rien subir. J’ai fait ce que je fais mieux qu’hier : écouter mon corps. »
Une philosophie qui correspond parfaitement à son évolution actuelle : moins dans la recherche du résultat, davantage dans le plaisir d’être dehors et de profiter pleinement des sentiers.
Oria, la fidèle compagne de trail de François
Impossible de raconter cette aventure sans parler d’Oria.
Après quinze années de pratique en solitaire, François ressent le besoin de partager ses aventures avec un compagnon à quatre pattes. Depuis cinq ans, Oria l’accompagne sur les sentiers.
Leur relation repose sur la liberté et la confiance.
Oria avance souvent quelques dizaines de mètres devant lui, explore, profite des odeurs et vit pleinement son aventure.
François profite de cette présence tout en restant attentif à ses besoins.
« Nous faisons ça à deux, mais chacun de notre côté. Elle n’est pas du genre à rester collée, elle vit sa balade et chacun y trouve son compte. »
Courir avec son chien demande toutefois une organisation différente, surtout sur les longues distances.
Il faut anticiper les points d’eau, prévoir sa nourriture, respecter les pauses et adapter son rythme.
Mais cette contrainte devient aussi une richesse : l’aventure n’est plus seulement individuelle, elle devient un partage.
« Quand tu dois sortir t’entraîner mais que la motivation n’est pas là, tu démarres pour elle et tu la remercies ensuite. »
La Haute Ardenne, un terrain de jeu que l’on redécouvre toujours
Même après des années passées à parcourir les sentiers de la région, François garde cette sensation que les Ardennes ont toujours quelque chose à offrir.
Un même chemin peut changer complètement selon la lumière, la météo ou simplement l’état d’esprit dans lequel on le découvre.
« Un endroit où tu passes un soir brumeux sera différent si tu y retournes le lendemain à l’aube ou un après-midi enneigé. »
Cette dernière boucle est justement l’occasion de poser un autre regard sur ces paysages familiers.
À Cherapont, François profite d’une pause bienvenue au bord de l’Ourthe. La brume encore présente donne au paysage une ambiance particulière, presque suspendue.
Plus loin, les sentiers autour d’Houffalize rappellent pourquoi cette région est devenue un terrain de jeu incontournable pour les amateurs de trail en Ardenne belge.
Puis vient La Roche-en-Ardenne, son château féodal dominant la vallée et cette invitation naturelle à ralentir quelques instants.
Mais au-delà des lieux emblématiques, François retient surtout les petits détails qui rendent une sortie unique : un tapis de mousse au pied des sapins, un barrage de castors découvert au détour du chemin ou encore ces rochers imposants qui donnent du caractère aux sentiers.
« Avant de se lasser d’une si belle région, il faut déjà prendre le temps de la regarder. »
Une aventure réussie sans chercher la performance
À l’arrivée, François retrouve la maison avec cette fatigue particulière que connaissent les amateurs de longues distances.
Une fatigue physique, évidemment.
Mais surtout la satisfaction d’avoir vécu exactement l’aventure qu’il était venu chercher.
Cette fois, tout s’est déroulé naturellement : l’écoute du corps, la gestion de l’alimentation, l’hydratation et les pauses nécessaires.
Pas besoin d’un exploit sportif pour considérer cette sortie comme une réussite.
« J’étais content d’avoir su gérer la nourriture et l’hydratation de la sorte car c’est souvent un de mes défauts. Quand les choses se passent comme tu le désirais, tu ne peux qu’être content. »
La gratitude avant de tourner la page
Cette dernière aventure en Ardenne est aussi un moment de reconnaissance.
François pense évidemment aux personnes qui rendent ces projets possibles et permettent à de nombreux trailers de découvrir ces magnifiques régions.
Sa gratitude va également vers sa compagne, ses parents et tous ceux qui l’accompagnent au quotidien.
Mais aussi vers la nature elle-même, ces paysages qui offrent un véritable espace de liberté.
« C’est très ressourçant et c’est un vrai privilège d’être entouré par ces beaux paysages. »
De Lierneux à Liège : un nouveau chapitre pour François et Oria
Aujourd’hui, François Demoulin a changé de décor.
Direction Liège avec sa compagne et sa belle-fille.
Un changement important pour celui qui avait les sentiers ardennais directement accessibles depuis chez lui.
Mais une chose ne change pas : Oria continue de faire partie de l’aventure.
La ville devient même un nouveau terrain d’exploration pour elle, entre nouvelles odeurs, nouvelles rencontres et découvertes quotidiennes.
« Il y a des choses qui sont non négociables. Bien sûr qu’elle me suit. »
Avec humour, François sait aussi que certaines adaptations seront nécessaires dans cette nouvelle vie.
« C’est plutôt moi qui dois m’habituer à porter des lunettes de vitesse et des plaques carbones maintenant ! »
Une dernière boucle qui restera gravée
Parmi toutes les aventures vécues par François Demoulin, celle-ci occupe une place particulière.
Pas forcément parce qu’elle était la plus longue ou la plus difficile, mais parce qu’elle représentait bien plus qu’une simple sortie de trail.
Elle symbolise la fin d’une période, un changement de vie et un dernier regard posé sur une région qui lui a énormément apporté.
« C’est celui qui m’a le plus ému. Celui où, sachant ce que je quittais, tu réalises encore plus la chance que tu as. »
Une dernière boucle à Lierneux, finalement, mais surtout une belle manière de remercier les Ardennes.
















Comments are closed